C’est tout le sens de la visite effectuée par Harold Tavares, Administrateur du Groupe Afrique II de la Banque mondiale, le 7 septembre 2026, sur le site du barrage hydroélectrique de Nachtigal. Elle intervient en marge de la mission de consultations périodiques du Groupe de la Banque mondiale dans ses États membres, conduite du 6 au 9 septembre 2026 au Cameroun par le haut responsable de l’institution de Bretton Woods.
À Ndokoa, localité située à environ 70 kilomètres de Yaoundé, il est plus de 9h ce matin du 7 septembre 2026, lorsque l’Administrateur du Groupe Afrique II du Groupe de la Banque mondiale foule, pour la première fois, le site de l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. Il est reçu par Claire Gall, Directrice Générale de la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), en présence des équipes du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), du Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) et de la Banque mondiale au Cameroun, Harold Tavares a pu apprécier les performances opérationnelles de la centrale et les dispositifs mis en place pour assurer une exploitation fiable, sécurisée et durable du barrage.
Mais au-delà de la production électrique, l’Administrateur du Groupe de la Banque mondiale estime que l’enjeu identifié est celui de l’accès des populations à l’énergie. Face à la presse, Harold Tavares a rappelé l’ambition du Groupe de la Banque mondiale de contribuer à l’accès de 300 millions de personnes à l’énergie en Afrique subsaharienne à l’horizon 2030 dans le cadre de la Mission 300 (M300). Pour l’Administrateur de la Banque mondiale, Nachtigal constitue à la fois un résultat concret du partenariat avec le Cameroun et une source de savoir-faire pouvant inspirer d’autres pays.
La visite ouvre également une réflexion sur les effets induits de l’infrastructure. Énergie, eau, agriculture, emplois et développement local : le potentiel est plus large que la seule production d’électricité. Harold Tavares évoque à ce titre la nécessité de mieux valoriser les connexions entre ces différents secteurs et de développer ce qu’il présente comme des « corridors électriques », capables de structurer autour des infrastructures énergétiques de véritables écosystèmes économiques. Un indicateur illustre déjà cette dynamique : 95 % des personnes travaillant sur le site sont des Camerounais.
Pour le responsable de la Banque mondiale, cette forte participation nationale démontre la capacité du projet à générer des emplois et à créer des opportunités autour de l’infrastructure. Les actions de responsabilité sociale conduites dans l’environnement du barrage participent également à cette dynamique, avec notamment des interventions en faveur des établissements scolaires et la protection des moyens de subsistance des populations riveraines.
Avec ses sept groupes et une puissance installée de 420 MW, le barrage de Nachtigal est aujourd’hui le plus important aménagement hydroélectrique du Cameroun, mais surtout l’un des projets emblématiques de la coopération Cameroun-Banque mondiale. En 2025, la centrale a produit plus de 2 TWh, sur une consommation d’environ 7 TWh sur le Réseau Interconnecté Sud, couvrant ainsi près de 30 % des besoins en électricité de cette partie du pays. Depuis janvier 2026, la production dépasse déjà 1,2 TWh.